Les légendes font partie de la littérature orale transmise de génération en génération lors des veillées. La plupart des légendes concernant les campagnes n'ont été mises par écrit qu'au cours du XIXe siècle par les folkloristes alsaciens. Le cas de la littérature populaire strasbourgeoise est un peu différent car depuis l'époque carolingienne, il existait une classe intellectuelle qui se développa au bas Moyen-Age et à la Renaissance avec l'invention de l'imprimerie et la création des institutions scolaires et universitaires. C'est par l'intermédiaire de ces milieux intellectuels, que la littérature populaire strasbourgeoise nous est connue. Ainsi, aux sources orales s'ajoutent donc les textes des chroniqueurs et des historiens. Au XIVe siècle, Closener et Koenigshoven notèrent dans leurs chroniques un certain nombre de récits historico-légendaires. Leurs récits sont vivants et colorés et ils s'attachent à retranscrire les on-dit et les témoignages personnels ou recueillis. A partir de la Renaissance, avec la naissance de la critique historique, le ton des récits historico-légendaires notés par les historiens et chroniqueurs est plus sec. Une exception cependant, Daniel Specklin, dont les récits sont des mélanges d'indications historiques et de vieilles traditions légendaires. Au XVIIIe siècle, ce souci de vérité historique s'accentue encore chez l'abbé Grandidier. Mais la collecte systématique ne se fit qu'au XIXe siècle. Dans la lignée des frères Grimm, Auguste Stöber publia, en 1852, un recueil en langue allemande, Die Sagen des Elsasses. Concernant la ville de Strasbourg, la plupart des récits lui sont fournis par Louis Schneegans alors archiviste-bibliothécaire de la ville. Ainsi les récits de l'armée furieuse, des fantômes de Finkwiller et de la nonne Sainte-Claire, pour n'en citer que quelques-uns, ont été recueillis par L. Schneegans qui les a communiqués à A. Stöber. De nos jours, il est bien difficile de connaître les sources exactes des folkloristes du XIXe siècle car une grande partie de ces chroniques a brûlé lors de l'incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870. Au début du XXe siècle, Jean Variot (1881-1962) traduisit l'ouvrage de Stöber en français en y ajoutant quelques nouveaux récits. Il publia en 1919 trois volumes de Légendes et traditions orales d'Alsace qui comptent 325 récits dont 71 concernant la capitale alsacienne. Enfin, Gabriel Gravier (1928-1996) reprit l'ensemble des travaux publiés depuis les recherches d'Auguste Stöber et fit paraître entre 1986 et 1989 quatre volumes rassemblant 1 420 légendes, dont 37 récits strasbourgeois racontés en détail et 42 cités. Un recueil exclusivement dédié à Strasbourg et réunissant l'ensemble de la littérature populaire urbaine - dont 93 légendes - a été publié en 1979. La légende est un récit plus ou moins fabuleux qui s'enracine dans l'espace géographique et dans le temps historique. Pour apprivoiser l'univers qui les entourent, les hommes transforment les endroits familiers en des lieux imaginaires peuplés par leurs angoisses. Elle est l'interprétation de l'histoire locale par l'imaginaire des hommes. - le puits de la cathédrale - le baptême de Clovis et la fondation de la cathédrale - le flambeau des rois - l'empereur et le moine - le Fronhof - la corne suspendue au pilier - la bataille du coq et du Rohraff - le coup du vent du diable - le petit homme à cheval du pilier - les deux ouvriers - Sabrina - le saint sépulcre - le cor dont on sonne pour les juifs - le Christ de douleur portant la croix - l'origine des armoiries des peintres - l'horloge de la cathédrale - la nuit de la Saint-Jean dans la cathédrale - le nom de Strasbourg - les armes de la ville - une vieille prédiction - saint Amand, évêque de Strasbourg - saint Arbogast - saint Arbogast et le fils de la veuve - sainte Attale - la vision de l'évêque Otto IV - le fils de l'ammeister - la chandelle des rois - la croisades des enfants - le saut mortel - l'aventurier - les deux sapins de Sainte-Aurélie - l'empereur Sigismond et les dames nobles de Strasbourg - pourquoi les Strasbourgeois sont appelés "Meisenlocker" - le bonhomme de la tour Sainte-Catherine - l'armée furieuse - le fantôme de Finkwiller - les fantômes de Saint-Marc - la nonne de Sainte-Claire - la jeune fille riche à la tête de mort - le petit homme rouge - l'homme du flottage de la rue de Pierre - l'empereur Napoléon vit encore | ||||
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